AU
SOMMAIRE DANS CE NUMERO :
- NOTRE DESSIN
HUMORISTIQUE,
- EDITORIAL : POUR L’HOPITAL : FORMER, EMBAUCHER, FIDELISER, RECONNAÎTRE
- LES
BREVES
- SALAIRES:
LA POURSUITE DE LA MOBILISATION S’IMPOSE !
EDITORIAL :
POUR L’HOPITAL : FORMER, EMBAUCHER, FIDELISER, RECONNAÎTRE
La Ministre a lancé « une campagne nationale
d’information et de promotion des métiers hospitaliers » le 19 Février 2008 « pour attirer les jeunes vers les métiers hospitaliers, susciter et encourager les
inscriptions dans les filières de formation ».
Quoi de plus « Politiquement correct » que de vanter
les mérites de ces professions qui font vivre l’hôpital !!
Mais l’objectif politique reste « petit bras ». Il
s’agit exclusivement de pourvoir les départs à la retraite prévus dans les 5 ans à venir.
Rien sur le nombre de places dans les écoles de formation,
rien pour fluidifier les parcours qualifiants, rien pour stopper les suppressions d’emplois des jeunes contractuels. Rien sur les milliers de postes vacants d’aujourd’hui, rien sur les milliers
de professionnels qui n’exercent plus leurs métiers, rien sur l’attractivité salariale, rien sur les conditions sociales et financières d’accès à ces formations… Tout va bien dans le meilleur des
Mondes Hospitaliers.
La Ministre aurait bien été inspirée de prendre conseil auprès
des organisations syndicales représentatives de ces salariés plutôt que de les mettre devant le fait accompli !
Puisque les chiffres parlent, donnons en quelques
uns :
40 000 à 50 000 infirmier(e)s découragé(e)s n’exercent plus leur
profession !!
110 000 jeunes passent le concours d’entrée à l’école d’infirmiers chaque année. 50 000 le
réussissent mais 20 000 restent sur liste d’attente. Le quota national dans les écoles étant bloqué à 30 000. Chiffre difficilement atteint dû aux difficultés à remplir toutes les écoles et aux
20 % de déperdition en 3 ans (échec, abandon…).
300 à 400 aide soignants qui réussissent le concours d’entrée
dans les écoles d’infirmiers n’ont pas de financement pour leur formation en étude promotionnelle.
6 à
7000 postes vacants en Ile de France, toutes catégories confondues, dont 1500 postes d’infirmiers dans les hôpitaux de l’AP HP. Des milliers de postes vacants sur tout le territoire. Et les
jeunes continuent de vouloir travailler par milliers dans le sanitaire, le social, le médico- social. De quelle crise de vocation parle-t-on ?
Alors oui, il faut informer, former, embaucher, fidéliser,
reconnaître. Alors oui, il faut ouvrir de véritables négociations sur l’ensemble des sujets qui concernent l’emploi, la formation, les conditions d’étude, les parcours qualifiants, la
reconnaissance des qualifications. Oui, il faut investir dans les hommes et les femmes qui font l’hôpital pour aujourd’hui et pour demain. L’avenir du système de santé en
dépend.
LES BREVES
L’arnaque à l’ancienneté
pour la catégorie C :
L’instruction ministérielle du 10/12/07 conforte pour partie
la position de la CGT quant à son refus de signer les protocoles des 25/01/06 et du 19/10/06.
L’application des derniers décrets de la catégorie C pose de
nombreuses questions aux agents et notamment la reprise d’ancienneté qui varie d’un établissement à l’autre suivant la lecture qui en a été faite.
Pour tous les agents de la catégorie C promus au 11ème
échelon, chaque agent perd son ancienneté.
Exemple : pour les AS, aucun d’entre eux n’atteindra le dernier échelon de l’échelle 6 avant 2010 et en bénéficiera
au mieux pour sa retraite à partir de mai 2011 (6 mois dans l’échelon pour en bénéficier).
C’est la première fois que
l’ancienneté est perdue sous prétexte de reclassement.
Tous nos collègues en fin de
carrière qui pensaient partir avec le 7ème échelon de l’échelle 6 en seront pour leurs frais. Quant aux jeunes diplômés, il n’y a aucune perspective d’atteindre cet échelon avant 55 ans
C’est pourquoi nous appelons tous les salariés de la catégorie C à signer massivement la pétition dans le but
d’interpeller le ministère afin de procéder à une révision de la reprise d’ancienneté pour éviter toutes les situations ubuesques à venir.
MAUVAIS ELEVE :
Nous savions qu’avec 362 contractuels sur postes vacants l’établissement
n’était pas le mieux placé dans la résorption de la précarité concernant ses personnels. Une étude de l’ARH de Basse Normandie faite lors de l’été
2007 révèle que le taux moyen de personnels contractuels occupant un poste vacant est de 6,13 % soit 1686 agents sur 27 506 postes dans notre
région.
Le CHPC avec un taux compris entre 15,1 et 20 % se retrouve bon dernier
de la liste, ex æquo avec un autre mauvais élève dont l’ARH n’a pas voulu dévoiler le nom.
En ces temps ou tout le monde veut noter tout le monde, via Internet, où les
lycées et les hôpitaux sont classés selon des critères qui nous échappent parfois, où les professeurs et les médecins sont sauvagement et nommément notés, peut être serait-il judicieux de noter
et de mettre des appréciations à nos différents directeurs.
Contractuels sur postes vacants : enquête ARH été
2007 :
Entre 1 et 5 % 9 établissements dont
ST James
Entre 5,1 et 6,13 % 2 établissements
Entre 6,14 et 10 % 6 établissements dont le CHU
Entre 10,1 et 15 % 7 établissements
Entre 15,1 et 20% 2 établissements dont le CHPC
MAUVAISE VOLONTE ?:
Comme vous avez pu le voir sur un de nos derniers tracts d’information, les
directeurs de CHU souhaitent privatiser l’hôpital public en le transformant en EPIC (Etablissements Publics Industriels et commerciaux), avec la volonté que tous les nouveaux agents soient
recrutés sous contrat de droit privé (Code du travail). Seuls les agents en poste pourraient conserver le statut de la fonction publique hospitalière.
Est-ce pour cela que notre directeur général et ses comparses traînent les
pieds pour la mise en place des 107 mises en stages aux dates qu’ils avaient eux même fixées ?
FAITES CE QUE JE DIS… PAS CE QUE JE
FAIS !
Les travaux étant terminés dans le service de SSR3, l’infirmière hygiéniste,
certaine de ne pas être incommodée par les poussières, a fait une apparition remarquée.
Surprise de voir un agent portant un gilet dans ce service flambant neuf,
elle a lancé d’un ton autant péremptoire que désabusé : « C’est un retour en arrière d’au moins dix ans ». Peu
importe qu’il fasse froid dans le nouveau bâtiment, pour elle l’important, c’est le strict respect des protocoles établis par le Comité de lutte contre les infections nosocomiales. Même si cet
agent, dans le poste infirmier, préparait une entrée et rangeait la pharmacie avec...18° au thermomètre !!!
L’employé a qui elle s’adressait, lui a répondu que :
« si le port du gilet nous fait reculer de dix ans, la dégradation des conditions de travail, nous ramène 20 ans en arrière ».
Lors de cette même visite dans
ce service, cette donneuse de leçons a été surprise entrer dans une chambre d’isolement « BMR » (« Bacilles Multi Résistants ») avec ses vêtements civils, y déposer son
dossier par terre, afin de relever le lit …parce que cela semblait l’indisposer que la poche à urines du patient soit posée au sol sur une
alèse à usage unique. Elle reprit bien sûr son dossier sous le bras !!!
Devant un tel manquement aux règles élémentaires d’hygiène hospitalières,
qu’en grande spécialiste elle prône à longueur de journée, on en reste perplexes et interrogatifs !
RECULS :
Présenté comme une grande avancée, s’il est un recul sur le site de Valognes,
c’est le nouveau poste de lavage centralisé de la vaisselle. Ce « service » destiné à faciliter les conditions de lavage de la vaisselle,
tout en améliorant les conditions de travail s’avère être un échec retentissant !
Ø Vaisselle lavée à l’eau claire pendant plusieurs jours,
Ø Ventilation mécanique centralisée inefficace entraînant une température d’au moins vingt six degrés dans une pièce exiguë et sans
fenêtres,
Ø Absence de passe plats, entre le secteur propre et le secteur sale,
Ø Bruit important de la machine obligeant le personnel à crier portes ouvertes pour communiquer,
Ø Matériel environnant non ergonomique et non réfléchi, (étagères, chariots à hauteurs variables…)
Ø …
Ces différents exemples, non exhaustifs, retentissent de façon importantes
sur les conditions de travail du personnel du pool hôtelier déjà en grande souffrance tant physique que psychologique.
Il est plus qu’urgent d’améliorer les conditions de travail de ces personnels
qui en plus de faire la vaisselle font aussi le ménage dans les services et sont, quoiqu’en pensent certains, sont des personnels très importants à l’hygiène hospitalière et à la bonne marche de
l’établissement.
LE DIRECTEUR GENERAL AUX ABONNES
ABSENTS ?:
Le directeur général du CHPC bouderait-il les réunions du Comité d’Hygiène,
de Sécurité et des Conditions de Travail ? On peut légitimement se poser la question, car sur les deux sites, il n’a pas assisté aux deux dernières réunions. C’est sûrement pour lui le
meilleur moyen de n’avoir pas à répondre aux questions et aux demandes des représentants du personnel. En se faisant remplacer par des directeurs adjoints qui ont pour toute
réponse :« on ne peut pas, il n’y a plus d’argent ! », le système est bien verrouillé, et il peut être sûr
que l’on avancera pas d’un iota.
D’autres membres de l’équipe de direction assistent nombreux aux réunions
institutionnelles, mais certains semblent tellement absents que leur présence est presque inutile (voir notre précédent numéro).
DIALOGUE SOCIAL- CHARTE DE BONNE
CONDUITE :
Dans le cadre du Projet social, la direction a proposé que l’on mette en place une charte de bonne conduite !!! Cela nous a laissés dubitatifs d’autant qu’il y a trois ans ou 4 ans, nos représentants sur Valognes avaient proposé la charte suivante et que certains membres de la
direction encore présents aujourd’hui, ont tout fait pour qu’elle ne figure pas dans le règlement intérieur !
Pensant qu’ils n’ont rien à se reprocher et qu’ils sont proches de la
perfection, ils pensent naturellement que la mauvaise conduite vient des autres.
CHARTE DE VIE POUR DE MEILLEURES RELATIONS AU TRAVAIL
(De l’Association Caennaise d’Analyse
transactionnelle)
1- Quelle que soit ma fonction, quelque soit le poste que j’occupe, quelle que
soit mon ancienneté, j’ai besoin d’être reconnu comme une personne .
2- J’ai aussi besoin d’être valorisé, gratifié dans ce que je fais. Oui, j’ai besoin
que quelqu’un me renvoie de temps en temps une image positive pour dépasser mes limites.
3- J’ai besoin d’être informé, consulté, pour tout ce qui concerne l’évolution de
mon travail, de mon poste, de mes responsabilités.
4- J’ai besoin d’un positionnement clair de la part des personnes en autorité, pour tout
ce qui touche à mes devoirs (mes engagements envers l’équipe, l’institution dans laquelle je travaille et donne chaque jour de mon temps).
5- J’ai besoin d’un positionnement clair également sur mes droits et devoirs de
la part de l’établissement à mon égard. Je ne veux être l’objet de la fluctuation des désirs et des peurs de chacun, aux moindres malentendu, maladresse, accident.
6- J’ai besoin que mon point de vue soit entendu, même s’il n’est pas toujours
retenu.
7- J’ai besoin de rendre compte de mon travail et d’avoir une écoute pour en évaluer
les possibles .
8- J’ai besoin d’être passionné dans mon travail, d’avoir des buts, des projets et
même la possibilité de rêver à des changements.
9- Je voudrais rappeler que c’est un nombre important d’heures de ma vie que je
vends chaque jour en travaillant et que je suis très sensible à la qualité de vie de ce temps, car elle se répercute sur l’ensemble de mon existence et de mon
entourage.
Si chacun de ces points peut être entendu et vécu sur mon lieu de travail,
vous pouvez être assuré que je donne le meilleur de moi-même.
ANTI CHARTE DE VIE RELATIONNELLE
Quand je ne suis pas
reconnu,
· Quand je me sens critiqué
et jugé,
· Quand mon point de vue
n’est pas entendu,
· Quand je ne reçois aucune
gratification, valorisation,
· Quand je ne suis qu’un
exécutant,
· Quand je
m’ennuie,
· Quand je ne peux
me reconnaître dans l’incompétence de mes supérieurs,
Je deviens alors un exécutant bête, passif, parfois même
méchant,
même si je ne le montre pas au grand
jour.
OFFRES D’EMPLOIS :
Si vous aimez les séances de sauna, postulez au CHPC, site de Valognes, vous
pourrez avoir des séances gratuites en travaillant dans le pool hôtelier affectés au poste de lavage de la vaisselle.
Si vous êtes un sportif ayant besoin d’un entraînement axé sur la
musculation, venez aussi à Valognes, vous serez affectés à pousser les lits ou les containers dans les nouveaux services ou dans le couloir qui va à la cuisine. Le nouveau revêtement de sol est
spécialement étudié pour votre entraînement.
PROJET DE PROTOCOLE D’ACCORD SUR LA GESTION DES INAPTITUDES AU
TRAVAIL :
Le projet de protocole d’accord sur les inaptitudes au travail venant du CHS
de Caen et que nous avions proposé en décembre 2006, semble avoir trouvé un intérêt soudain auprès de la direction après plus d’un an de
tergiversations.
Il faut dire que dans le cadre du projet social, il faut bien donner le
change si la direction veut paraître quelque peu crédible sur le créneau du sacro-saint dialogue social. A défaut d’être … il faut paraître !!!
CHERCHEZ L’ERREUR :
Lors des derniers CHSCT sur les deux sites, la réponse à la mode
fut : « on ne peut pas, il n’y a plus d’argent ! » Cette
« réponse » dégainée presque systématiquement par la plupart des membres de la direction fut parfaite pour éviter tout débat et éluder la
plupart des questions des représentants du personnel.
Alors que deux tunnels de lavage de la vaisselle avaient été prévus sur le
site de l’hôpital de Valognes, et après que les locaux furent entièrement aménagés à cet effet, la direction se concertant avec elle même, comme à l’accoutumée, a décidé d’installer un seul
tunnel au 1ier étage (des soins de suite) et de condamner les locaux flambants neufs (sols et murs carrelés) destinés au deuxième tunnel à être transformés en bureaux, en recassant
tout au passage!
Hormis le gaspillage que représentent les premiers travaux et le coût pour
transformer à nouveau les locaux, la direction préfère maintenir le tunnel de lavage dans le local du 1ier étage sans fenêtres et lumière naturelle, que de le déménager dans le local
du 2ième étage où tous les branchements sont prêts et qui a la particularité de posséder deux fenêtres permettant d’aérer et donc de diminuer la température excessive dégagée par la
machine. Se moquant bien du confort au travail du personnel, la direction préfère mettre en place des « mesurettes palliatives » (
boules Quiès, climatiseur…) qui seront soit inutiles, soit inefficaces.
A l’heure où l’on nous rebat les oreilles sur le dialogue social, dans le
cadre du projet social… on voit bien que ces nobles mots sont galvaudés par nos « têtes (dé)-pensantes ».
PRIME DE SERVICE :
Se référant à un jugement rendu par la Cour Administrative d’Appel de
Bordeaux en date du 24 avril 2003, le syndicat CGT du CHPC a adressé un courrier en recommandé avec accusé de réception au directeur de l’hôpital pour réclamer l’attribution de la prime de
service aux agents contractuels de l’établissement. Affaire à suivre…
PARKING PAYANT :
Lors du dernier CHSCT sur le site de Cherbourg-Octeville, le parking des
terrains Grouard n’étant pas pérenne puisque mis à disposition de l’Hôpital (en attendant le mise en œuvre du projet architectural de la zone des bassins), le directeur délégué n’a pas trouvé
mieux comme solution de remplacement que la construction d’un parking à étage payant. Après le travailler plus pour gagner moins, et le payer pour pouvoir travailler avec la cotisation pour les
ordres des Kiné et IDE, le payer pour stationner près de l’hôpital !
VEHICULES DU SMUR DU SITE
PASTEUR :
Avec l’épisode de l’incident du défaut de freinage d’un des deux véhicules du
SMUR du site de Pasteur, la direction du CHPC nous offre à nouveau une page de mauvaise publicité. Non contente de mettre en danger la vie de ceux
qui vont sauver la vie des autres, elle met en danger la vie des usagers de la route. Gérer, c’est prévoir… avec des véhicules ayant tous les deux plus de dix ans et respectivement
200.000 et 150.000 Km, même avec un contrôle technique tous les deux mois (dixit Mr Bonnet à la radio), il fallait bien s’attendre à des surprises…
d’autant que le changement du véhicule le plus ancien était programmé. Mais comme pour beaucoup de choses actuellement, on repousse à plus tard, «car
les caisses sont vides ».
MINUTE DE REFLEXION :
En 2000 le dollar correspondait à 1,2 € et le baril de pétrole valait 60
dollars, soit 72 € et on payait 1 € le litre de gazole.
En 2008 le dollar correspond à 0,65 € et le baril de pétrole a explosé à près
de 100 dollars, soit le baril à 65 € et on paye 1.25 € le litre.
On est en droit de se poser la question suivante : Si le baril de
pétrole est moins cher en Europe qu’en 2000, pourquoi le prix du carburant est-il 25 % plus cher qu’en 2000 ?
Il y en a qui doivent bien se remplir les
poches !
Il serait grand temps de se rebeller contre ceux qui cherchent à nous duper.
Que va t’il se passer quand le dollar remontera ?
RETRAITES :
Toutes corporations confondues, du public comme du privé, les étudiants comme
les retraités ou les sans emploi, tous ensembles nous devons :
1- Dénoncer la réforme des
retraites qui, par l’allongement de la durée
des cotisations pour obtenir le droit à la
retraite à taux plein, appauvrit tous les
salariés.
Exigeons l’abrogation de la loi Balladur de 1993 et de la loi Filon de 2003
!
2- Revendiquer une augmentation
générale des salaires, des retraites et des allocations de 300 € mensuels
pour tous…..Un vrai moyen de partager les
richesses produites et de rendre aux caisses collectives (Sécu, retraite, ASSEDIC….) leur capacité à répondre à leurs missions.
Disons stop à leur fausse concertation, et oui à la mobilisation ! Le
gouvernement ne comprendra que cela!
Salaires : la poursuite de la
mobilisation s’impose !
Avec une
augmentation de 0,8% (0,5% au 1ier mars + 0,3% au 1ier octobre), on est loin de combler la perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires et agents publics qui s’établit
aux environs de 7% depuis 2000.
Le gouvernement y ajoute cinq autres volets qui, pour la CGT, n’ont pas tous vocation à être intégrés
dans une négociation salariale. Ils comportent des points positifs, d’autres qui suscitent des réserves, voire de francs désaccords.
Volet « garantie individuelle du pouvoir d’achat »
(GIPA)
Mécanisme basé sur la comparaison, au bout de quatre années consécutives, entre l’évolution du
traitement indiciaire brut et l’évolution de l’inflation, il aura une première mise en oeuvre en 2008 pour la période courant du 31 décembre 2003 au 31 décembre 2007.
La mise en place de ce mécanisme a au moins un mérite : la reconnaissance, par le gouvernement, de l’état désastreux des
rémunérations des fonctionnaires, le déclassement et la smicardisation de la grille indiciaire, ce que la CGT ne cesse d’expliquer et dénoncer depuis des années. Cependant, la garantie
individuelle du pouvoir d'achat (GIPA) est un leurre. Non seulement elle ne concerne qu’une partie des agents (moins d’un tiers), mais elle est versée en une seule fois, sous forme de prime et ne
compense pas intégralement les pertes subies par les intéressés.
Volet carrières et indemnités
Le gouvernement n’a rien lâché d’autre que des intentions. Certaines résultent de la pression
syndicale, notamment de la CGT, comme celle de « reconstruire complètement les grilles indiciaires » ou faire un bilan de l’application du ratio promus / promouvables.
Mais, les enjeux sont bien ceux du contenu et du sens à donner à ces réformes.
Or, ce volet est celui qui a été le plus modifié lors des tractations d’après négociations. La
philosophie du «mérite» y a été réintroduite ainsi que les gains de productivité attendus et la logique de reconnaissance des métiers. En outre, une « annexe » prévoit une réorientation de la
politique indemnitaire fondée sur le développement de cette partie de la rémunération avec l’intéressement individuel et/ou collectif. On est donc bien dans la logique d’un gouvernement libéral.
Ces mesures ne peuvent que mettre en concurrence les agents entre eux et, par extension, les ministères, les établissements hospitaliers, les collectivités locales, les territoires…
La CGT, pour sa part, a rappelé sa revendication d’intégration des primes servant de complément
salarial dans les traitements et son opposition à la gestion des éléments constitutifs du pouvoir d’achat sur la base de critères de pseudo performance.
Volet Compte Epargne Temps (CET)
Pour l’avenir, le gouvernement veut mettre en place trois possibilités de «consommation» des CET :
soit par récupération en temps (congés), soit en épargne retraite par conversion en points dans le régime additionnel (RAFP), soit par monétisation.
La CGT a exprimé son opposition à l’utilisation des CET comme instrument de gestion du sous-emploi,
son opposition de principe à la monétisation sur le long terme et, plus encore, à sa conversion en points d’épargne retraite.
Dans le même temps, elle a réclamé que pour la partie actuellement monétisée (il en est de même pour
les heures supplémentaires) celles-ci s’effectuent au moins sur la base du temps hebdomadaire de travail de 35 heures et non pas sur celle de 39 heures.
Volet politique sociale
Pour la CGT, les revendications sociales doivent faire l’objet de négociations
spécifiques.
LA CGT NE SIGNE PAS…
Dans ces conditions, et après avoir pris le temps de la
consultation, la CGT a décidé de ne signer aucun des volets proposés par le Gouvernement.
Elle déplore les tractations qui se sont déroulées après la
négociation officielle du 18 février, et auxquelles ont accepté de se prêter des organisations syndicales. Le dialogue social et ses garanties doivent être préservés. C’est un gage de la
démocratie. De même, l’exclusion des organisations syndicales non signataires des comités de suivi pour certains des volets ne présage pas d’un véritable respect d’un pluralisme syndical, porté
par les représentants des personnels.
…ET APPELLE A DE NOUVELLES
MOBILISATIONS
Pour la CGT, le dossier n’est pas clos ! Elle appelle les
personnels, les usagers, à poursuivre leur mobilisation pour la défense des services publics, de leurs missions, avec des effectifs en nombre suffisant, des salaires et pensions revalorisés. Elle
informera très prochainement des initiatives qu’elle proposera.
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