DU CADRE A L’ASH en passant par
L’IDE,
LA SECRÉTAIRE, L’OUVRIER, L’AIDE-SOIGNANT, etc.
LE HARCELEMENT
PROFESSIONNEL,
NOUS CONCERNE, TOUTES ET TOUS
Le harcèlement moral au travail est une des violences les plus destructrices qui soit: Mais c’est une violence qui
avance cachée, qui ne dit pas son nom et dont les victimes reconnaissent avec difficulté l’existence, honteuses de la dénoncer à cause de la peur et de la culpabilité. Le harcèlement moral existe
tout autant dans les services publics que dans le privé. Il perdure plus longtemps même car les agents ne démissionnent pas. On a pu ainsi observer des comportements de harcèlement institués
depuis des années voire plusieurs dizaines d’années dans certains services.
La médiatisation dans les journaux et dans la presse de cas extrêmes de suicides de victimes de harcèlement
professionnel, des campagnes d’informations dispensées par des associations, des syndicats, ont permis aux salariés de mieux cerner les phénomènes de harcèlement professionnel. Ces derniers mois,
des agents nous ont rencontré pour témoigner de situations de violence morale.
Nous les avons écoutés et pour ceux qui ont demandé de l’aide, soutenus.
La C.G.T. entend maintenant dispenser une information plus large à l’intention de l’ensemble des Etablissements. Parler
de harcèlement, c’est d’abord le débusquer puis le contrer.
ASPECT LEGISLATIF
La Loi de modernisation sociale du 3 janvier 2003, dans son article 122.49 l’énonce ainsi :
« Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une
dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir
professionnel.. »
Le harcèlement est dorénavant puni au niveau pénal d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.
Dans le cadre du Code du Travail, il est précisé que « le chef d’Etablissement prend les mesures nécessaires pour assurer la santé des
travailleurs…. Il veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes ….. »
DEFINITION DU
HARCELEMENT
M-F HIRIGOYEN, Psychiatre, spécialisée en victimologie l’énonce ainsi «le harcèlement moral au travail se définit comme toute conduite
abusive (geste- parole comportement, attitude) qui porte atteinte, par sa répétition ou sa systématisation, à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, mettant en péril l’emploi de
celle-ci ou dégradant le climat de travail (2). »
« C’est un enchaînement sur une assez longue période, de propos, d’agissements hostiles, exprimés et réitérés par
une personne ou un groupe de personnes sur une personne ou un groupe de personnes (H.Leymann (3). »
TRADUCTION DU HARCELEMENT
:
a) Empêcher la victime de s’exprimer : Lui refuser la parole,
l’interrompre, l’invectiver, la menacer verbalement, par écrit, au téléphone, éviter le contact, ignorer sa présence, exemple en ne s’adressant qu’à des tiers en sa présence, se moquer de ses
propos, refus d’écoute dans les réunions formelles par des gestes, des attitudes etc…
b) Isoler la (les victimes) : Ne plus lui parler, ne plus se laisser adresser la
parole par elle, faire en sorte que ses collègues ne lui adressent plus la parole, l’isoler physiquement, nier sa présence physique, refuser les repères sociaux les plus élémentaires : dire
bonjour, bonsoir, merci etc…
c) Déconsidérer la (les) victimes auprès de ses collègues : Critiquer sa vie privée, lancer des rumeurs, la ridiculiser,
prétendre qu’elle est malade (folle), railler une infirmité, un aspect, un travers, attaquer ses convictions, tenir des propos injurieux, obscènes à son sujet, l’humilier, la harceler
sexuellement etc…
d) Discréditer son (leur) travail : Critiquer son travail, critiquer des légers travers professionnels jusqu’à les
rendre insupportables à l’entourage. La surcharger de travail ou au contraire ne plus lui en donner, lui demander des travaux pénibles, absurdes, hors de sa qualification, sa compétence, lui
demander de se justifier et critiquer cependant ses actes, etc…
e) Compromettre sa santé : Contraindre la (les) victimes à des travaux dangereux, la menacer de violences physiques,
l’agresser physiquement, sexuellement, lui nuire directement en occasionnant des dégâts matériels, la contraindre à la démission, au départ, etc…
Nous pourrions citer bien d’autres attitudes de harcèlement, cependant il existe dans tous les cas une règle commune :
si un ou plusieurs de ces actes se réitèrent au moins une fois dans la semaine pendant un temps donné alors nous pouvons parler de harcèlement
Par ailleurs, il faut préciser que plus les actes seront répétitifs et plus le seuil de tolérance de la victime sera abaissé. C’est
pourquoi on observe de réelles disparités. Ainsi les phénomènes d’agression ne se réitérant qu’une fois par semaine, là ou les victimes les supportent plus longtemps. Pire !! Elles ne discernent
plus au bout d’un certain temps ce qui est de la normalité dans cette violence quotidienne ou hebdomadaire institutionnalisée.
QUI HARCELE QUI ????
Le Harceleur
Il se caractérise par un égocentrisme, un besoin d’admiration, une intolérance totale à la critique, une approche
initiale de l’autre marquée dans un premier temps par la séduction mais vite transformée en lien de subordination. Pour le harceleur, la victime est considérée comme un objet – elle n’a pas
d’autres fonctions que de satisfaire son besoin d’admiration.
Cette approche clinique du harceleur permet de comprendre à quel point la souffrance psychique de la victime ne peut
l’atteindre. Seule sa loi compte et pour cela il procède en plusieurs étapes :
- une phase de séduction (l’autre le reconnaît comme « seul détenteur du pouvoir formel ou informel »
- une phase d’emprise (l’autre adopte les pensées du harceleur et les comportements)
- une phase de harcèlement (il va terroriser une personne qui refuse de se plier à sa loi).
Cette période s’appelle « la période de psycho-terreur » Lors de cette période, la victime n’a pas d’autre choix que de
partir et le harceleur pourra se choisir une autre victime. On observe alors que l’entourage ne dénonce pas ces attitudes de peur d’être lui même choisi comme prochaine victime.
La Victime
Ne sont pas victimes les personnes fragiles, au contraire. Ce que le harceleur veut, c’est posséder chez la victime ce
qu’elle a et que lui n’a pas : l’estime des autres, la compétence, la joie de vivre, la stabilité. Désir maladif où il fera tout pour détruire la victime ou à défaut de la détruire physiquement,
la nier, lui enlever sa force. La victime finira par douter d’elle même, de ses compétences, se sentira isolée, détestée puis haïe sans en comprendre les raisons et sans avoir les moyens de
résister à cette menace de destruction qui avance masquée et manipule les autres contre elle.
La victime va alors développer un ensemble de symptômes physiques et psychiques graves avec des dépressions aiguës qui
conduisent parfois au suicide. La décision de mettre fin à ses jours s’observe lorsque la personne a le sentiment qu’elle n’échappera pas à cette emprise, c’est particulièrement le cas dans la
fonction publique. Dans le privé, elle n’a pas d’autres choix que de partir et pour un grand nombre de perdre son emploi.
ATTENTION ! TOUT N’EST PAS
HARCELEMENT
Dans le monde du travail, le lien hiérarchique est indispensable, donner des ordres, commander avec autorité, font
partie de l’organisation du travail.
- L’autorité n’est pas forcément du harcèlement.
- L’abus de pouvoir (méthode de management qui tend à profiter de sa fonction pour
faire exécuter les ordres qui ne sont pas du ressort de l’agent) n’est pas forcément du harcèlement.
- Les cris, l’agitation (sans notion d’atteintes à la santé physique et psychique) ne sont pas forcément du
harcèlement.
Certaines personnes présentent par ailleurs des attitudes d’intolérance vis à vis des collègues, des difficultés à vivre
en groupe qui tendent à les isoler. Elles ne sont pas pour autant harcelantes ni harcelées.
FACE AU HARCELEMENT AVERE, QUE FAIRE
?
Des textes de loi protègent maintenant les salariés. Il faut s’en saisir. Dans un premier temps, ne pas rester isolé. Si
le harcèlement concerne plusieurs agents, regroupez-vous.
Déterminez ensemble ce qui est de l’ordre du harcèlement, précisez par écrit les lieux, faits, situations en restant les
plus objectifs possible. Contactez si possible votre hiérarchie.
L’établissement a obligation de fournir aux salariés de bonnes conditions de travail, les plaintes doivent donc être
connues de la direction du personnel qui devra engager une enquête pour déterminer la véracité des faits.
La direction se doit de prévenir les représentants du C.H.S.C.T.qui
entreprendront eux aussi une enquête. La médecine du travail doit être aussi prévenue. Vous avez tout intérêt à prévenir l’assistante sociale du personnel qui saura vous orienter vers les
associations et les organismes qui à l’extérieur sont habilités à prendre en charge l’amélioration des conditions de travail. N’oubliez pas que vous pouvez porter la plainte au pénal. Ceci est
parfois nécessaire pur faire cesser des agissements insupportables, ceux qui perdurent depuis trop longtemps et auxquels trop d’agents participent, ceux qui portent directement atteinte à la
personne, violence physique, harcèlement et agression sexuelle, propos racistes, discriminations sexuelle, idéologique, religieuse, syndicale ou autre.
Si vous êtes seul(e), trouvez dans un premier temps quelqu’un à qui en parler afin de déposer la souffrance psychique que vous
subissez (médecin, collègue, famille…). Ne vous laissez pas envahir par la culpabilité: VOUS N’ETES PAS RESPONSABLE DE CETTE SITUATION. Enfin dans tous les cas, contactez –nous. Nous vous
aiderons à déterminer les actes de harcèlement et prendrons contact avec les membres du C.H.S.C.T., avec les hiérarchies et vous accompagnerons dans vos démarches.
NUL N’A LE DROIT D’OPPRIMER
L’AUTRE.
NE VOUS LAISSEZ PLUS HARCELER, REAGISSEZ
!!!!
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